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Nicole Descôteaux nicdes22@hotmail.com

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ON NE S’ARRÊTE PAS

On ne s’arrête pas en route les yeux fermés
Le sommeil rend l’homme vulnérable
Pourquoi revenir à la source de ses mots
Puisqu’à la relecture la vie confond les pages

Je me pousse du vent et du même coup il m’enlace
Les eaux me portent dans l’inconscience d’un fou rire
Nous divaguons ensemble par souci de vivre sans amarres
Qu’importe la turpitude des lieux communs
Le temps nous assaille de tous côtés

J’entends des protestations
Plus de peur que de mal
Je m’argile et m’effrite dans un coquillage de survie
La vie m’enfante à chaque marée

©Nicole Descôteaux
paru dans la revue Carquois, juin 2006

Quelqu’un a planté ses racines
À l’aube d’une tempête lointaine
Dans ce pays de franc parler
Et de bois dur
Emmitouflé d’hivers et de plaines d’avoines en cortège

Quelqu’un a poussé un cri
Entre les cuisses d’une patience à toute épreuve
Sans déchirures apparentes
Mais de soupirs parsemés d’échancrures au long des jours
En saisons de gel et dégel

Aujourd’hui quelqu’un signe son nom propre
Au bas des poèmes et des engagements
Comme une entaille aux arbres
Il refuse l’appel au retour des rectitudes
Brûlant du feu des défricheurs
Ses pas fixent souvenirs à maintenir
Ses racines lui parlent de dignité
Parmi les signes corrompus
De factices idéaux

©Nicole Descôteaux
paru dans la revue Carquois, octobre 2006


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