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Raymonde Roussel

Tombe le jour

Après le dernier vol de la colombe
Quand le jour tombe

Après l’éclatement de cette bombe
Tout devient plus sombre

Peu survivent à l’hécatombe

Comme je suis du nombre
Il se peut que moi aussi je succombe

J’attends que le rideau retombe
Et que se lève une nuit d’ombres

Resteront les mémoires d’outre-tombe
DELIRIUM

Enfants de l’oubli
Amis inconnus
Se balancent sur une corde émotive
Témoins impassibles

Absence dans la présence
Désarroi momentané
Un nom sur un visage
Instant éphémère

Une vague dans l’amnésie

Rien ne peut arrêter le parcours
Vers les limbes du savoir
Mots enfuis par la porte entrouverte
Sans mémoire de cellules en allées
Le sentier plein de toiles d’araignée
Mène vers l’obscurité définitive

Un craquement irréversible
Sonnera le glas de l’éternité
Lorsqu’un roulis emportera
Le ciel sur un plateau


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